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Lieu : France

mardi, février 24, 2009

Victorian for ever...

J'avais promis , inconsciente que je suis, de me lancer dans une modeste présentation de la peinture dites "victorienne" après avoir passée un merveilleux dimanche en compagnie de "victorio-folles"!!!! Et puis bien sur le temps à passé...et de billet... pas la queue d'un, dans cette "maison de vie" laissée pratiquement à l'abandon depuis plus d'un mois!!!!Alors pour me faire (un peu) pardonner , mais loin , très loin du superbe exposé rêvé pour l'occasion...voici un petit aperçu d'une peinture encore bien trop méconnue de ce coté-ci de la Manche.


L ' époque victorienne se voit parfois, artificiellement, dotée d'une unité qu'elle n'a pas vraiment connue. Pourtant elle reste auréolée de la légende d'un âge d'or britannique.
Autant il est est relativement facile d'évoquer une "littérature victorienne" comme véritable courant , autant parler de peinture victorienne devient plus hasardeux...

L' accession de la reine victoria au trône en 1837 coïncide avec un basculement de la période romantique vers un genre réaliste et social en particulier dans le roman, genre prédominant désormais en littérature.
Sir George Hayter "Queen victoria throne"



En revanche en peinture, après le brillant épanouissement qui marque la fin du siècle précédent dans le portrait et le paysage, une longue période de somnolence semble se produire au sein de l école anglaise. Le début du XIX ème siècle, pas encore victorien, sera marqué par trois individualités exceptionnelles ,isolées et très différentes: Blake,Constable et Turner.
William Blake est sans aucun doute le principal précurseur du mouvement romantique anglais. Il illustre ses propres vers en peignant des thèmes influencés par l’art du Moyen Âge et de la Renaissance, notamment par les puissantes figures de Michel-Ange. À l’instar de Hogarth, Blake n’appartient à aucune école ni à aucun groupe d’artistes. Son total désintérêt pour la dimension réaliste de la nature est surprenant à une époque où prévaut la peinture de paysage : il met toute sa foi dans le pouvoir créatif et imaginatif de l’esprit humain.
William Blake " ancient of days"


À l’inverse, la peinture de John Constable se fonde sur une observation directe de la nature. Comme les aquarellistes David Cox et Richard Parkes Bonington, Constable est particulièrement talentueux pour rendre les effets de lumière et les atmosphères les plus éphémères. De ce point de vue, il excelle davantage encore dans ses aquarelles et ses esquisses que dans ses paysages à l’huile.
John Constable "

Si le naturalisme lyrique et sensible de Constable illustre un aspect du romantisme, Joseph Mallord William Turner en incarne la veine sublime, prompte à capter le côté sauvage et terrifiant de la nature comme dans sa Tempête de neige : Hannibal et son armée franchissant les Alpes (1812, Tate Britain, Londres). S’il commence sa carrière avec des aquarelles représentant des paysages, son langage se transforme bientôt. Les formes se dissolvent de plus en plus dans l’air et la lumière, les ciels infinis et le lointain, jusqu’à disparaître dans une abstraction de couleurs.
William Turner "Hannibal"


Le reste de la production picturale anglaise reste enlisée dans la convention et, la "peinture de genre" qui domine, s'offre ses plus grands succès.
C'est dans ce contexte qu'en 1848 les "Pré-raphaelite brothers" vont révolutionner par des choix esthétiques radicalement novateurs.


Vous connaissez tous mon goût très prononcé ( c'est le moins que l'on puisse dire) pour les préraphaelites, aussi je ne m'étalerais pas trop sur ce courant dans ce petit panorama de la peinture victorienne . (Pour tout dire, je songe vraiment à un billet entier consacré à ce mouvement!! :o) )


Attachons nous plutôt aux autres artistes de cette période, que l'on pourrait classifier dans différents courants comme la peinture dite "de genre", scènes de la vie quotidienne, le portrait, la "fairy painting", le "land-and" et "seascapes" , ainsi que les mouvements "classical revival" "Aesthets and décadents" ou encore les orientalistes.


Notons également une spécificité toute insulaire, et soulignons les contrastes quasi permanents dans le statut social des peintres anglais entre deux types d’artistes : d’une part, les " maîtres " reconnus, confortablement installés dans l’establishment artistique, et, d’autre part, les excentriques et les marginaux , poursuivant une recherche solitaire à l’écart des modes.


Les peintures victoriennes les plus populaires étaient des représentations de la campagne - cottages pittoresques, laitiers charmants, beau bétail. Les peintres délaissèrent les villes ravagées par la révolution industrielle, et s'échappèrent aussi loin que voulaient bien les emmener la compagnie Great Western Railway, pour se retrouver dans les Cornouailles.



John Linnell "Surrey lane"



La peinture victorienne, il faut en convenir, offre le plus souvent le spectacle de l’académisme le plus figé. Le réalisme minutieux de la plupart des peintres les plus appréciés à l’époque est mis au service d’un moralisme conventionnel ou d’un pittoresque de pacotille. Les panoramas bibliques de John Martin (1789-1854) tiennent du grand guignol, et les scènes de foule de William Powell Frith (1819-1909) sont plus intéressantes pour les historiens que pour les amateurs de peinture. Il est bon de rappeler, pour comprendre cette évolution générale, que la traditionnelle clientèle aristocratique des artistes s’est élargie à une nouvelle bourgeoisie issue de la révolution industrielle, pour qui l’art doit être essentiellement descriptif et édifiant.



John Martin "Belshazzar's feast"



William Powell Frith"the railway station"



Un autre peintre très apprécié de l'époque victorienne , Sir Edwin Landseer, consacra quand à lui l'essentiel de son talent à la peinture animalière.


Edwin Landseer "Saved"



En marge, et empreint de l’esprit du romantisme, le Suisse Heinrich Füssli s’installe à Londres à 22 ans et étudie la peinture de l’Antiquité, en faisant plusieurs voyages en Italie. Il puise ses thèmes dans Homère, mais aussi dans Dante et Shakespeare, à la recherche de la dimension sublime et héroïque de la condition humaine.





Fussli "Titania and Oberon"



Après lui, et avec des peintres comme Paton,Fitzgerald , Doyle ou encore ce merveilleux illuminé (au sens propre du terme!!!) de Richard Dadd ,puis plus tard Grimshaw, nous entrons de plein pied dans l'univers merveilleux de la peinture féerique qui influencera pendant des décennies les peintres qui suivront et auxquels de grands illustrateurs comme Rackham et Dulac doivent leurs principales influences.




Joseph Noel Paton "The reconciliation of Titania and Oberon"



J.A.Fitzgerald "Fairy's barque"

Richard Doyle "The knight and the spectre"

Richard Dadd "The Fairy feller's master stroke"



(Je vous reparlerais très bientôt de ce fou de Richard Dadd grâce notament à un livre "La jeune fille au miroir vert" . )



Dans les années 1830 et 1840, la peinture victorienne était fortement influencée par l'art du roman et les toiles narratives, moralisatrices et souvent mièvres de David Wilkie ou William Mulready rencontraient un immense succès. Prisonnier des conventions, répétitif et victime d'un enseignement académique, l'art pictural était dans l'impasse.




David Wilkie "Distraining for rent"

William Mulready "The last in"


C'est dans ce contexte d'une peinture anglaise enlisée dans la convention, que deux "évènements" vont conduire tout naturellement de jeunes gens exaltés à créer un nouveau mouvement pictural:les préraphaelites.
Déjà, nombre d'artistes et d'intellectuels victoriens plaidaient pour un renouveau gothique,le gothic Revival. L'art médiéval étant perçu comme un modèle de sincérité et de liberté. Après l'incendie des Maisons du Parlement de 1834, le choix des peintres chargés de la réalisation des fresques intérieures fut confié à une commission présidée par le Prince Albert, d'origine germanique et grand collectionneur de Primitifs italiens. Tout naturellement, son choix se porta vers le style des Nazaréens, un groupe de peintres fondé en 1809 à Vienne et installé à Rome.

Friedrich Overbeck "Italia und Germania"



William Dyce, qui, avec Ford Madox Brown, avait introduit en Angleterre les théories des Nazaréens, fut donc chargé de l'exécution de fresques néogothiques et nationalistes qui influencèrent considérablement le goût pictural des futurs Préraphaélites.

William Dyce "Francesca Da Rimini"


Ford Madox Brown "Chauser at the court of Edward III "


Le second facteur déterminant fut la publication en 1846 des Peintres modernes de John Ruskin. Dans cet essai, Ruskin conseillait aux jeunes artistes de retourner à une nature patiemment observée et faisait l'éloge de la simplicité de l'art italien primitif, dont il admirait le réalisme archaïsant .




John Ruskin "Gweiss rock at Glenfinlas"

Très vite les oeuvres des préraphaelites suscitèrent incompréhension et scandale. Le choix paradoxal d'un style archaisant pour réinventer la peinture contemporaine était tout aussi surprenant que l'association d'un soucis naturalistes à des symboliques personnelles aux connotations religieuses, littéraires et poétiques complexes.
Ce qui les différencie le plus évidemment c’est leur technique ; abandonnant les fonds bitumineux, les préraphaélites , ( Rossetti, Millais, Hunt) posent leurs couleurs sur un fond blanc encore humide, ce qui accentue leur luminosité.



Dante Gabriel Rossetti "Ecce Ancilla Domini"





John Everett Millais "Christ in the House of his Parents"


William Holman Hunt "the Awakening Conscience"



Ce mouvement qui pourtant fut de courte durée, eut une tres grand influence sur les autres mouvement du XIX ème siècle.


Ainsi William Morris en 1888, fonde le mouvement Arts and Crafts.




William Morris "Wallpaper"





Avec le peintre Edward Burne-Jones et l’illustrateur Walter Crane, il défend les valeurs esthétiques et sociales du travail artisanal, s’opposant à l’industrialisation que connaît le pays. Il révolutionne la typographie et pose les fondements théoriques des rapports entre l’art et l’industrie. Sa pensée et sa production artistique — de même que les illustrations très stylisées d’Aubrey Beardsley — joueront un rôle considérable dans le développement de l’Art nouveau.



Edward Burne Jones "The beguilling of Merlin"




Walter Crane " Bluebard"



Aubrey Beardsley " Bedivere casts excalibur into the water"


La deuxième génération de préraphaelites(avec Burne-Jones notemment) étudia la mythologie,et tandis que sous l'influence de Sir Leighton, le mouvement "classical Revival" revisite l'antique comme un Âge d'Or révolu,sous les pinceaux de Poynter, Watts ou encore Alma Tadema, de nombreux autres peintres "Aesthetes and decadents" comme Hugues , Solomon, Stanhope et bien sur Watherhouse suivent les pas de leurs prédécesseur, en particulier Rossetti tourné désormais totalement vers le symbolisme (mouvement passionnant auquel je compte bien consacré aussi un billet...un jour ;o) ) et se consacre désormais entièrement à des sujets mythiques ou légendaires.
Sir Frederic Leigton "Deadalus and Icarus"

Edward John Poynter "The fortune teller"



George Frederic Watts "Minotaur"






Sir Alma Tadema "The finding of Moses"




Arthur Hugues "La belle dame sans merci"




Simeon Solomon "Shadrach Meshach Abednego"

John Roddam Spencer- Stanhope "Juliet and her nurse"



John William Waterhouse "Spring"


Dante Gabriel Rossetti "Lady Lilith"


Enfin, et comme tout grand pays colonial, l'angletterre voit en ce règne victorien , exploser un genre très en voque également en France, la peinture orientaliste, avec des peintres comme Goodall, Lear ou Lewis.



Frederick Goodall "on the banks of the Nile"


Edward lear "Mount Kanchenjunga from Darjeeling"



John Frederick Lewis "The street and Mosque of the Ghoreeyah"
Voilà ma petite vision de cette période passionnante en esperant que cela vous donne envie d'en savoir plus!!!!

Lamousmé