La maison de vie

Bienvenue chez Mr Bouch', Gabichou, Le Nain et Lamousmé...

Ma photo
Nom :
Lieu : France

samedi, octobre 21, 2006

"The Sid"


Les jours se suivent et ne se ressemblent pas...Après une semaine de morosité voilà que le soleil vient à nouveau briller dans mon petit coin de ciel.
Cela commence par un paquet dans la boite au lettre portant la mention "Royal Air Mail" et le sentiment fébril en l'ouvrant de toucher du doigt un petit bout de mon paradis : l'Angletterre. Comme quoi la simple vue d'un joli petit ouvrage traitant de Lizzie Siddal suffit à mon bonheur. Ma dernière acquisition sur ebay (mon enfer à moi !!) est un petit catalogue de la retrospective organisée en 1991 à la galerie Ruskin de Sheffield consacrée à l'oeuvre de mon Elizabeth Siddal adorée.
Enfin un ouvrage consacré à son talent et pas seulement à son seul rôle (certe capital) de muse et de femme de Rossetti. Certes j'exagère un peu car il existe plusieurs livres anglais qui traitent de l'influence incroyable de cette jeune femme sur le mouvement pré-raphaélite comme "The wife of Rossetti" de Violet Hunt ou les livres de J. Marsh (d'ailleurs commissaire de cette rétrospective). Mais bien sur rien de traduit en français.
Clerk Saunders d'Elizabeth Siddal


Heureusement l'ange Lizzie doit veiller sur moi. En effet si j'aime D. G. Rosssetti d'amour, j'ai toujours pensé qu'Elizabeth ("The Sid" comme l'appelait affectueusement ce cher Rossetti) en bonne fée, devait de là ou elle est, avoir un oeil sur moi. Etre mon étoile en quelque sorte qui me guide et m'accompagne depuis toujours.
C'est ainsi que récemment en cherchant des articles sur elle sur le web, j'ai découvert le blog de Fauna Amor et ses magnifiques billets sur Lizzie, qui m'ont donnés envie d'ouvrir "La maison de vie".
Je pourrais citer aussi ma rencontre avec la revue "Faeries" grâce à l'article "La fée de Chelsea" par A-F. Ruaud(même si je lui reprocherais de traiter Lizzie de blonde ;o) ) que vous pouvez également retrouver sur son blog.
Mais ma plus belle découverte fut sans nul doute, il y a quelques années, la lecture du roman de Philippe Delerm "Autumn".

C'est Le livre que j'aurais tant voulu écrire !!!



"L'automne est descendu sur le parc de cheyne Walk. Les arbres ne sont plus des arbres. Infinis dégradés de tous les ors, de tous les roux, de tous les flamboiements secrets gagnés par l'ombre et le poids du passé. Comme la toile peinte d'un décor de théatre, ils se confondent avec la fin du jour. Octobre, le mot est doux à boire et triste comme un vin de mort, si riche encore du parfum de la vie. Feuilles d'ambre de Cheyne Walk, rousseur de chevelure immense déployée sur le pavois du souvenir. Femme le parc, femmes les feuilles de papier, femme la terre et l'odeur douce amère après la pluie, femme la mémoire. Dans la demi-pénombre, un paon au bleu soyeux de Moyen Age s'éloigne au long de l'allée silencieuse."


"Elle...Ses cheveux dénoués flottent sur ses épaules, infiniment plus roux que ce début d'automne. Lui...Lui ne compte pas vraiment. Il marche pour marcher près d'elle, et pour la regarder. Elle se laisse regarder. Cela doit être étrange, et difficile. Mais elle a accepté ce jeu, ce rôle qui s'ouvre devant elle, et que personne n'a tenu. Elle était un modèle. Mais elle devient jour après jour beaucoup plus que cela. Elizabeth Siddal est comme un chemin vers l'ailleurs; elle ne peut l'ignorer."


"Le visage à lui seul trahissait cette sensualité que le corps nochalant confirmait sans équivoque. De grands yeux bleus, dont l'insolente franchise frôlait la perversion. Une bouche comme un fruit lourd, de longs cheveux bouclés, d'une opulence provocante. De longs cheveux dont le blond-roux rappelat ceux d'elizabeth, mais leur texturee en faisait l'opposé : ce n'était plus l'aura d'une beautée martyre, mais comme une parure végétale qui appelait l'exaspération de caresses lancinantes.
Il n'y avait pas de hasard. Aussi rapidement qu'il avait vu dans Lizzie le meilleur de son âme, Dante Gabriel avait reconnu la face cachée de ses rêves. Fanny."


"Comme elle avait été cruelle, feignant de n'en rien voir, aveuglée par la fantasque personnalité de Dante Gabriel Rossetti ! Pourquoi avoir aimé celui qui la blessat déjà par sa violence, ses débauches ? Pourquoi avoir choisi celui qui l'effrayai ?
Mais bien sûr, elle connaissait toutes les raisons de sa folie, toutes les réponses à ces questions si douloureuses. Elle savait. Aimer, c'est aimer qui vous fuit, enclore l'idée du bonheur dans le seul être au monde qui rend le bonheur impossible. Aimer, c'est fuir celui qui vous attend, qui vous connaît et vous espère. Et puis...Aimer, pour elle, avait aussi d'autres couleurs. Walter l'avait lui-même conduite vers ces chemins de la peinture, de la poésie_ mais Walter n'avait pas le talent de Rossetti.Pourquoi ? Il était tellement meilleur, tellement plus tendre, généreux, fidèle, aussi intelligent et cultivé que son ami. Mais quoi ? une infime étincelle, une impalpable poussière aérienne les séparait...Le talent..."


Un tel écho à ma vie me fait pleurer...

Beata Beatrix de D. G. Rossetti

Finalement, à peine remise du grand chagrin de n'avoir pas été l'auteur de ce bouleversant roman, j'eus cet été, lors de mes vacances sur la riviera , l'envie de faire des recherches (pourquoi pas en vue d'écrire...) sur le passage de Lizzie à Nice pour soigner sa santé défaillante. Alors que j'évoquais cette idée très récemment avec mon amie Dominique et que nous devisions sur un éventuel "projet littéraire", pendant que nos fistons Mr Bouch' et Hugo se goinfraient d'un bon goûter, j'ai la surprise d'entendre le jeune Hugo nous questionner sur notre conversation. "De qui vous parlez?" Je réponds aussitôt à l'interrogation : "Ta maman va m'aider à traduire des livres sur la femme de mon peintre préféré."Et lui de s'exclamer aussitôt : "ah oui Rossetti !" Silence et étonnement des deux mères. Rapidemment interrompu par un Mr Bouch' répliquant aussi sec: "Pfffffff décidément maman avec ton Rossetti t'es vraiment "contaminator"!!!! "
No Comment.

Et voilà qu'aujourd'hui alors que je tente de déchiffrer (mon anglais étant loin d'être à la hauteur...) l'ouvrage reçu le matin même et cité plus haut, je me retrouve dans le métro absorbée dans la lecture, quand un viel homme s'avance prêt à quitter le wagon et me lance dans un sourire: "vous allez bien ensemble". Interloquée sachant que je me trouvait absolument seule à ma place, je ne trouve rien d'autre à répondre qu'un timide "Pardon ?". Et là, en descendant sur le quai, il se retourne et me dit d'une voix merveilleusement douce: "oui je trouve que cela vous va bien de lire un livre sur Elizabeth Siddal." Les porte du métro se sont alors refermées sur une Lamousmé médusée.

Lamousmé

5 commentaires:

Blogger Holly Golightly a dit...

Waouh !
L'anecdote du métro est comme un délicat signe d'ailleurs.
Le livre de Delerm est une merveille, en effet.
Merci de partager ce paradis personnel avec nous.
Ton billet ne pouvait que m'émouvoir !

10:58  
Blogger Lamousmé a dit...

J'espérais bien que cela te toucherais ma chère Holly et dans le métro toute émue j'ai eu une pensée pour mes trois fées...fauna Gaëlle et toi !

17:39  
Blogger Holly Golightly a dit...

Et, toi aussi, tu es une fée.

14:50  
Anonymous La liseuse a dit...

Un livre envoûtant, étonnant et bouleversant. En refermant le livre, j'ai même eu un gros soupir à l'idée de quitter ces personnages si fascinants et si torturés.

16:19  
Blogger Lamousmé a dit...

...et tu as très bien su lui rendre hommage sur ton blog la liseuse je ne peux qu'inviter mes lecteurs à te lire!!! :o)

18:38  

Enregistrer un commentaire

Abonnement Publier les commentaires [Atom]

<< Accueil