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dimanche, octobre 08, 2006

Dans les jardins de Kensington...


Le hasard faisant souvent bien les choses, mon cher papa a eu l' excellente idée de m'offrir un livre découvert fortuitement lors de sa récente semaine de vacance qui passa par la ville de Becherel (citée du livre au nom prédestiné !).
Cet ouvrage l'avait attiré par un titre aguicheur pour les inconditionnels de la littérature anglophone que nous sommes . Contrairement à moi qui grâce à cette chère Holly avait eu connaissance de ce livre, le papa en question ignorait l'existence d'une telle oeuvre et bien sur se rejouit à l'idée de m'en faire cadeau, après en avoir évidemment lu integralement les pages !!!
Ce fut une excellente occasion pour effectuer un échange de bons procédés et je lui offrais à mon tour la fabuleuse traduction du "Petit oiseau blanc" de cette toujours chère Holly !!!
Autant dire que désormais les repas familliaux tournent un peu à la Barriemania ;o)
Impossible, de plus, de faire l'impasse sur la nouvelle qui chagrine tant ma traductrice préférée : la publication d'une suite à Peter Pan !! Une hérésie pour une amoureuse de Barrie.

Mon tempérament volontèrement optimiste me porte à croire que cette petite actualité autour de ce cher auteur (si on y rajoute également le film Neverland sorti il y a quelques temps...) montre bien que nos contemporains sont enfin près à faire une place à Barrie autre que simple écrivaillon pour enfant et je m'en rejouie. Evidemment il reste encore beaucoup à faire pour éduquer le public et même si Neverland contient pour les connaisseurs énormément de défauts (j'imagine ma tête si on faisait jouer le rôle de Rossetti par un grand blond !!!!) il a tout de même le mérite d'etre une entrée en matière dans l'univers de Barrie. A ces lignes j'en connais une qui me maudit déjà...;o) Mais j'assume !!! En effet j'avoue que je suis d'abords entrée dans l'univers de Peter Pan par le Disney et ce n'est que plus tard que je me suis intérréssée à Barrie...J'ai confiance dans le public et surtout dans la force des personnages et de l'univers de Barrie pour qu'ils ne reste pas emprisonnés dans des clichés !!!!
En revanche la responsabilité des guides (à savoir les traducteurs puis les critiques) est très importante et là je rejoint totalement l'inquiètude de cette chère Holly si des journalistes se contente d'encenser une suite (en égratignant au passage l'auteur original) et ne font que citer vaguement une nouvelle traduction (qui plus est enrichie d'une préface de 50 pages passionnante) sans certainnement l'avoir même lue !
Toujours est-il que lorsqu'on a la chance de tomber sur un livre brillant qui bien qu'aussi une biographie de Barrie est tout autant un récit halluciné des "swinging sixties", on se doit d'en informer la terre entière !!!!


Je vous fais donc comme à mon habitude le pitch en vous livrant la quatrième de couverture:

Peter Hook, auteur de best-sellers pour
enfants, raconte en une nuit à un petit garçon l'histoire de sir James Matthew
Barrie, l'auteur de Peter Pan. Il évoque le Londres de l'ére victorienne, les
jeunes années de Barrie marquées par la mort de son frère David, ses pièces de
théatre, sa célébrité et sa relation très étroite avec les enfants Llewelyn
Davies, modèles de Peter Pan. Mais en double maléfique de Barrie, Peter Hook met
en scène sa propre vie à l'époque des Swinging Sixties, des Beatles et des
beatniks, et celle de son jeune personnage, Jim Yang, qui voyage dans le temps
pour ne pas grandir.
Biographie romancée explorant la naissance de l'enfance
au début du XXème siècle, récit torrentiel, halluciné et inquiétant sur les
années psychédéliques, Les Jardins de Kensington est une vision sauvage et
fantasmatique de l'enfance comme territoire limitrophe avec la mort. C'est aussi
la tentative de saisir le moment exact où un personnage réel se transforme en
personnage de fiction, où l'écrivain se désintègre, dévoré par l'eternelle
jeunesse de ses créatures.
Avec ce roman inclassable, puissant,
transgresseur, Rodrigo Fresàn s'impose bel et bien comme un auteur
incontournable.

Je rajouterais que ce vertigineux roman, à l'ambiance tragique nous éclaire sur deux époques qui inventère une nouvelle forme d'enfance...les victoriens en promulgant le statut d'enfance ( entre autre en imposant des lois sur le travail des enfants....) et les rockers en devenant de joyeux irresponsables (l'éducation parentale en prenant un grand coup !).
Et si pour Rodrigo Fresàn l'enfance n'est pas un paradis perdu mais "un paradis qu'on se rapelle" j'ai trouvé très impressionnant le fait de lire dans ses remerciement que l'idée de ce fabuleux roman ne lui était venu que trois ans plus tôt à la suite du visionnage d'un documentaire français sur Barrie dont il ignorait quasiment tout....Une telle maitrise de son sujet, une telle appropriation de l'univers Barrien en si peu de temps, me laisse pantoise et... très optimiste....Le fait qu'il soit Argentin comble mon bonheur !!!!


Venons-en maintenant au "petit oiseau blanc"...se familiariser avec la vie de Barrie n'exempte evidemment pas de lire ses oeuvres, sauf que quand vous êtes français à part Peter Pan pour l'instant on peut dire que l'on était Barrie heu...pardon...marie ! c'est donc avec bonheur que je vous avais parler de la traduction de Holly et là j'avoue que je suis tout à la fois ébahie par le talent de la traductrice que par la beautée du texte de Barrie!!
Un conseil toutefois (je ne sais si elle serait d'accord avec moi) mais je préconiserais de lire d'abord le roman et ensuite la préface tant elle est riche, puis de relire ensuite le roman...
En fait je n'ai pu m'empecher de comparer la traduction des cinq chapitres consacrés à Peter Pan du "Petit oiseau blanc" parue en France sous le titre de Peter Pan dans les jardins de Kensington et là j'ai pu découvrir l'importance majeur d'une traduction...d'un roman gentillet pour enfant j'ai découvert une véritable oeuvre . D'ailleurs ne chercher pas ce livre au rayon enfant c'est bien en littérature adulte que vous le trouverez !!!!
pour vous en convaincre je me permet de mettre ici un exemple de comparaison:

première version

Desespérant des fées, il décida de consulter les oiseaux. Il se souvint alors
d'un fait étrange: tous les oiseaux s'étaient enfuis du saule pleureur lorsqu'il
s'y était posé; Il n'en avait pas été troublé sur le moment, mais à présent, il
en comprenait la raison: tout ce qui était vivant l'évitait.
Pauvre petit
Peter pan !

deuxième version

Désespérant de ne rien obtenir de la part des fées, il se résolut à consulter
les oiseaux, mais alors il se souvint, chose étrange, que tous les oiseaux sur
la branche du saule s'étaient enfuis quand il avait grimpé dessus. Bien que ce
phénomène ne l'eût pas troublé sur le moment, il comprit alors sa signification.
Chaque être vivant l'évitait. Pauvre petit Peter Pan !

autre exemple:

première version

Shelley était un jeune monsieur, un adulte, a sa façon. Il était poète et les
poètes ne deviennent jamais vraiment adultes; ils méprisent l'argent et ne
disposent que du strict nécéssaire. Shelley était ainsi, mais il possédait en
plus un billet de cinq livres. Alors, comme il se promenait dans les Jardins de
Kensington, il plia son billet et confectionna un petit bateau qu'il fit voguer
sur la Serpentine.

deuxième version

Shelley était un jeune homme et il était aussi adulte qu'il pouvait espérer
l'être. Il était poète. Et les poètes ne sont jamais, à proprement parler, des
grandes personnes. Ils méprisent l'argent, exceptée la somme dont ils ont besoin
au jour le jour. IL possédait justement cette somme, et cinq livres en sus.
Alors, pendant qu'il était en train de marcher dans les Jardins, il fit un
bateau en papier avec son billet et l'envoya voguer en direction de la
Serpentine.

5 commentaires:

Blogger Holly Golightly a dit...

Merci beaucoup Mélanie pour ton billet !!!! Je te trouve très objective quant aux dérives autour de Barrie.
Tout le monde me dit que j'exagère, donc je suppose que ce n'est pas faux. Tu vois, je puis entendre les arguments des autres. :-))))
Mais je ne peux m'empêcher de frémir quand des gens parlent de Barrie sans l'avoir lu.
J'adore Fresan et son livre, qui m'avait envoûtée (il est dans ma liste sur mon site), ce qui prouve bien que je ne suis pas rétive à ce que l'on s'approprie l'univers de Barrie, à condition que ce soit une création personnelle et que l'on respecte Barrie. Moi-même, je ne suis pas exempte de le faire participer à ma vie fictionnelle. Enfin, tu verras... ;-)))))
Quant à la traduction Corentin, ce qui m'a choquée, ce sont des erreurs énormes que tu pourras relever, quand,par exemple, il est dit que Peter Pan s'est envolé à l'âge de 7 semaines quand il s'agit de 7 jours !!!!! Ou bien des mots écossais ou rares pas traduits ou des faux-sens grossiers qui ne peuvent être des coquilles, eux !
La comparaison que tu effectues n'est pas flagrante, parce que le sens est à peu près le même dans les deux cas et qu'on peut toujours traduire à sa manière. Il existe des dizaines de façons de traduire correctement. Mais, en effet, certains passages sont étranges...
C'est 5 chapitres et non 3, Mélanie, qui avait été publiés,et sans nom de traducteur - je ne sais pas si tu as remarqué...
Tu as une chance folle d'avoir un père de la sorte !!!!!
Tu as hérité de tes belles qualités, pour une part, de lui, n'est-ce pas ?
J'adore ton billet, mais je ne trouve pas que ma traduction soit si bonne, indépendamment des coquilles qui ne sont pas ma responsabilité. On pouvait prendre plus de marge par rapport au texte sans pour autant le trahir.
Mais je ne vais pas commencer à faire la critique de mon travail, sinon les gens ne voudront pas le lire ! Je ferai mieux la prochaine fois.
Merci pour ce beau billet, Mélanie.
Et le prochain ?
Je l'attends.

09:02  
Blogger Lamousmé a dit...

Ma chère Holly crois-moi il faut aussi des gens pour défendre passionnément leurs auteurs préférés...j'ai hâte de lire ton livre !!!
En ce qui concerne la traduction ce n'est pas celle que tu cites mais une de Bomati et Militon et ce qui m'a surtout frapper c'est le côté enfantin je suppose voulu par les traducteurs...c'est pourquoi je trouve que tu donnes à ta traduction une autre hauteur...plus adulte. Quand à la faute sur les chapitres je la corrige de suite et m'en excuse bien bas ;o)
Merci de ton indulgence pour un billet que je ne trouve pas très bon par égard au sujet traité...

17:44  
Blogger Holly Golightly a dit...

Ah, non, tu ne vas pas dévaloriser ton billet !!!!!
Je ne connais pas cette traduction. Quel éditeur ?

19:25  
Blogger Fauna Amor a dit...

Du coup,je suis curieuse de lire cette version.

20:27  
Blogger Lamousmé a dit...

c'est une traduction de 1988 collection Classiques Juniors
ed Larousse

21:48  

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